Watch Trade Academy

FORMATIONS : Interview de Thomas Baillod sur la distribution 4.0

Thomas Baillod

Dans le cadre de sa série sur les formations, Job Watch a interviewé M. Thomas Baillod, expert en distribution internationale et fondateur de la Watch Trade Academy.

La semaine dernière M. Baillod a lancé, non pas une marque, mais un concept. La montre qu’il a développée ainsi que sa distribution un peu particulière sont le fruit de ses réflexions dans ce domaine. Il lui permet de tester les théories qu’il enseigne dans son cours de Distribution Internationale Horlogère.

Passionné et passionnant, M. Baillod nous a parlé de la particularité de la Watch Trade Academy de se positionner sur un segment peu ou pas enseigné qui est la distribution 4.0 !

 

Commençons par parler de vous, quel est votre parcours ?
Je suis né et j’ai grandi à la Chaux-de-Fonds, j’avais donc une chance sur deux de tomber dans le monde de l’horlogerie. J’ai commencé chez Publicitas où je m’occupais de la publicité pour le journal Le Temps et notamment pour le cahier horloger. Expérience intéressante d’une entreprise qui a raté son tournant digital, Publicitas ayant fait faillite en 2018. C’est Victorinox qui m’a donné ma première opportunité de travailler dans l’horlogerie en 2004. J’y ai fait mes débuts sur le marché suisse, puis à l’international. Étant dans une petite structure, j’ai eu la chance d’exercer tous les types de vente durant 10 ans, dans le monde entier. Après plusieurs postes tels que directeur des ventes chez Maurice Lacroix, j’ai eu l’envie de me lancer dans ma propre aventure.

« Suis ton rêve, si tu ne le fais pas, quelqu’un te payera pour réaliser le sien. »

Fort de mes années d’expérience dans la vente internationale, j’ai commencé à donner des conférences, qui se sont transformé en atelier de 2 jours… que j’ai décidé de diffuser en ligne.

 

Parlez-nous de votre formation :
Aujourd’hui à l’université, vous pouvez étudier du marketing, la finance, les ressources humaines, du management, etc. Ce sont des disciplines qui vous apprennent à dépenser l’argent, mais aucune ne vous enseigne comment en gagner !

On peut comparer la distribution à un bras qui permet d’atteindre et d’interagir avec ses clients. Le bras représente les distributeurs qui rayonnent dans le monde entier. La main et les doigts représentent les ramifications : les détaillants. La toute dernière phalange étant le point de contact, la vente à proprement parler. J’enseigne ce qu’il faut mettre en place pour pouvoir activer le bras de l’entreprise et ramener les bénéfices à la bouche !

La grande majorité des personnes qui lancent une marque sont issues soit du produit, soit du marketing. Dans le deux cas, ils sous-estiment l’aspect commercial, ce qui fera que leurs produits se vendent.

Vous savez ce que c’est une belle montre pour moi en tant que vendeur? C’est une montre qui se vend.

Qu’est-ce qu’il faut mettre en œuvre pour qu’une montre se vende ? Ce sont souvent des paramètres différents de ce que peuvent s’imaginer les créateurs d’une marque. Simplement faire une « belle montre » n’est pas suffisant. Il faut connaître et maîtriser toutes les bases de la distribution traditionnelle : les intermédiaires, les marchés, la connaissance du business cockpit, etc.
Ce que j’enseigne dans le cadre de mes cours de la Watch Trade Academy, c’est comment une marque va transformer tous ses investissements en chiffre d’affaire et en profits.

 

Et la révolution digitale ?
Nous vivons une époque un peu compliquée. Le marketing a déjà vécu sa transition digitale. La prochaine étape de la digitalisation se fera dans la distribution. Les marques horlogères doivent pouvoir conserver ou augmenter leurs marges, donc une des étapes pour y arriver est d’utiliser ce canal ultra-court qu’est l’e-commerce et de vendre en directe. Ceci va impliquer des changements énormes et ce sera aussi important que la crise du quartz. Malheureusement, beaucoup d’entreprises suisse ont du mal à s’adapter et ne sont pas prêtes. Je pense que le basculement va prendre un bon nombre d’acteur de court.

De plus en plus de personnes en poste ou en reconversion professionnelle constatent très bien que le sol est en train de se dérober sous leurs pieds mais peinent à comprendre tous les tenants et aboutissants du changement de paradigme en cours. Si la première partie du cours traite de la distribution traditionnelle, la seconde partie se consacre à déconstruire et analyser la distribution « disruptive* » : ce que j’appelle la distribution 4.0, qui est la mise en relation de technologies existantes avec pour but de créer de nouvelles possibilités. C’est d’ailleurs les bases de la 4e révolution industrielle. J’y explique ce qui est en train de se passer et j’explore toutes les nouvelles possibilités qu’offre la digitalisation de la distribution.

 

Parlez-nous de votre nouveau projet BA1110D:

BA1110D

C’est facile de parler. Je voulais tester. J’ai dès lors imaginé comment « disrupter » les trois coûts fondamentaux liés à la distribution traditionnelle, à savoir: L’emplacement (magasins), le service (salaires) et le stock (immobilisation financière) . J’ai donc lancé une montre dont la distribution contourne ces trois centres de coût. La montre répond à tous les codes du luxe: mouvement automatique double oscillateur, verre saphir bombé, côtes de Genève, microsillon, série numérotée, etc, mais elle n’est pas Swiss Made et est vendue que 388 francs, dans un coffret «watch winder» pour la remonter automatiquement.

Avec la montre, l’acheteur reçoit quatre droits de vente. Quand celui-ci aura réalisé ses 4 droits, il en reçoit une en cadeau (dans la limite des stocks disponible, sinon on serait dans une vente de type pyramidale, ce qui est illégal). Avec mon système, le client final devient l’ambassadeur, et du coup, de « final » il devient le centre du processus de vente. J’appelle cela « Afluendor ». A = Ambassador, Fluen = Influencer, Dor = vendor.
C’est lui qui va diffuser le produit, en parler et le vendre en utilisant une nouvelle technologie Meotion qui permet d’inclure de référents. Le lieu de vente est le poignet de l’acheteur. L’acheteur se transforme en vendeur : qui mieux que lui pour parler de mon produit auprès de ses connaissances ? Une fois le premier stock vendu sur mon site, vous ne pourrez l’acquérir que via une personne qui l’a achetée et qui a un droit de vente. Finalement, ce qui m’intéresse avec ce projet, c’est de pouvoir démontrer par l’exemple de ce que j’enseigne dans mon cours.

 

À qui s’adresse votre cours ?
À tous ceux qui veulent créer des marques, qui veulent savoir comment faire et comment les vendre. À toutes les personnes qui sont déjà dans le business qui cherchent à comprendre comment celui-ci va évoluer. Mon cours s’adresse à toute la chaîne et ne s’arrête pas uniquement à la distribution : Direction marketing, direction des entreprises… tous les départements sont concernés.

En temps de crise, les gens pleurent tandis que d’autres vendent des mouchoirs. Il faut comprendre comment tourne le vent et adapter ses voiles.

 

Quels sont les avantages des formations en ligne ?
Cela permet à n’importe qui dans le monde de pouvoir se connecter et suivre ma formation. Je donne la possibilité à des intervenants de commenter le cours où qu’ils se trouvent également. Et le grand avantage est de pouvoir enregistrer les cours. Certain de mes élèves les revoient plusieurs fois car la matière est plutôt dense !

 

Pourquoi les entreprises devraient proposer à leurs employés de se former ?
Il y a une raison très simple : Étant donné que le monde avance, celui qui reste sur place recule !

 

Pourquoi avoir choisi Job Watch pour la diffusion de votre formation ?
Je pense que Job Watch est l’endroit où les gens, qui réfléchissent à un changement de carrière, vont aller pour trouver des solutions pour pouvoir décrocher un nouveau job. Job Watch est une référence en la matière, très sérieux et permet à ma formation d’être visible. Pour une formation ultra ciblée, il faut un public ultra ciblé également !
Job Watch m’a permis de toucher d’autres types d’étudiants venant d’autres industries mais qui souhaitent comprendre ce qui se passe dans l’horlogerie.
J’apprécie particulièrement la grande réactivité que vous avez, j’ai l’impression de travailler avec un partenaire.

 

L’avenir est en ligne ?
Oui ! Mais on n’a jamais pu envoyer une poignée de main par e-mail. L’avenir de l’horlogerie n’est pas qu’online ! L’avenir est le « Blended Retail » : Il s’agit d’utiliser tous les canaux existants, non pas de manière parallèle mais de les mélanger !

* Faire la même chose mais mieux ou moins cher.


Job Watch propose une dizaine de formations dispensées par 7 écoles et formateurs.
N’oubliez jamais que vous êtes le premier acteur de votre développement professionnel. Qu’attendez-vous pour apprendre ?
Si vous voulez en savoir plus sur la Watch Trade Academy, rendez-vous sur jobwatch.ch dès maintenant !

3 Comentaires
  • Silvia
    Publié à 13:59h, 23 octobre Répondre

    Bonjour
    J’aimerais suivre le cours de Thomas Baillod sur la distribution 4.0.
    Comment trouver le lien ?
    C’est payant ?
    Merci de votre réponse

  • Châtelain Christian
    Publié à 12:53h, 27 octobre Répondre

    Bonjour,

    En tant qu’ancien détaillant, j’ai lu avec intérêt l’interview de M. Baillod, mais ai noté les points suivants

    – j’ai l’impression que, pour lui, son produit passe au second plan, qu’il a été imaginé, défini, développé afin, uniquement, de valider les thèses que défend M. Baillod et qui sont, au demeurant, très intéressantes mais qui négligent un point FONDAMENTAL : le SAV .
    ce n’est pas tout de vendre une montre, il faut s’assurer qu’elle fonctionne, qu’elle soit fiable et que ses composants puissent être remplacés , le cas échéant, et avec une garantie, un service efficace partout dans le monde
    Les détaillants ont toujours été confrontés au même problème : de beaux concepts commerciaux novateurs, parfois des nouveautés, innovations techniques et lorsque le client final se retrouve avec sa montre au poignet, il est confronté à des problèmes qui n’ont pas été pris en compte en amont, d’où la déception et la colère à l’égard du………détaillant
    Voilà le big problème de l’horlogerie, celui auquel il faut s’atteler , prendre en compte le commerce horloger de A à Z, depuis l’idée initiale, jusqu’à l’utilisation faite par le client final ……et là, il y a du chemin

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